Mercredi 15 Avril
QUEL MATCH !
Quel match !
« ça c'est du foot ! », titre L'Equipe aujourd'hui. Et pour cause ! C'est même une leçon de football qui a été donnée par Londoniens et Liverpudliens hier soir sur la pelouse de Stamford Bridge. Qui aurait pu imaginer un tel scénario ?
"Liverpool peut-il le faire ? Combien sont-ils à y croire, pas beaucoup certainement, sauf peut-être ceux qui étaient à Istanbul un certain soir de l'année 2005. Mais pourquoi pas, même si les Reds ont cette saison tournés leurs priorités vers le titre de Champion d'Angleterre, qui les fuit depuis 1990. Mettre 3 buts à Stamford Bridge nous semble à tous surréaliste, mais Chelsea l'a bien fait à l'aller à Anfield..."(cf 13/04)
Ils n'en ont pas mis trois, mais quatre. Oui, Liverpool est bien capable de tout. On le définit souvent comme un club à part, dans l'Histoire, il faut croire que c'est vrai. Quatre ans après avoir renversé le cours d'une finale en leur faveur en quelques minutes, alors qu'ils étaient menés 3-0 à la mi-temps par le grand Milan, le Liverpool de Rafa Benitez a bien failli refaire le coup, et même si au bout l'exploit n'y est pas, ce match restera dans les mémoires et remplira une des plus belles pages dans les livres d'Histoire.
Fabio Aurelio (19'), d'un coup de patte magique, semblable aux gestes des plus grands tennismen, et Xabi Alonso (28'), sur pénalty, donnent le ton au match et font passer le message. Liverpool is still alive. Liverpool veut gagner, même sans Steven Gerrard, blessé, même si la priorité est pour le titre en Premier League.
« Sous haute tension » disais-je. Et c'est même avec des frissons que nous regardons ce match, et que nous soufflons à la mi-temps en se demandant bien ce qui va arriver...
Anelka, Drogba, Lampard, des joueurs de classe. Débordement sur le côté droit du premier cité qui transmet à l'ancien Marseillais, qui s'arrache comme jamais pour dévier cette balle qui trompera le malheureux Pepe Reina, qui se voit détourner le ballon dans le but. 1-2 (51').
Il avait été le bourreau de Lyon avec le PSV Eindhoven ; le voilà désormais bourreau de Liverpool en expédiant une frappe extraordinaire de puissance et de précision, du coup de pied, dans le but de Reina. Rien à faire, et Chelsea est revenu au score (57'). Liverpool doit marquer deux fois. Deux fois ? Non, c'était sans compter sans le chouchou du public londonien Franck Lampard qui donne un but d'avance sur ce match à son équipe. 3-2 (76')
La messe semble dite, et une nouvelle fois, ils ne devaient pas être nombreux, ceux qui croyaient encore en l'exploit. Jean-Michel Larqué lui-même dira à son micro qu'il « reste à savoir le vainqueur de ce match, car le qualifié, on le connaît déjà »
Et comme à chaque fois que l'on croit que c'est fini avec Liv'pool, les Reds repartent à l'assaut et vont surprendre leur monde. Survoltés, Kuyt (81') et Lucas (83' !) prennent l'avantage 4-3 et n'ont plus qu'un but à marquer pour obtenir la qualification. Incredible. Mais pour faire un grand match de football il faut deux équipes. Chelsea n'abdiqua dont pas, et ne se recroquevilla pas en défense (« ça, c'est du foot ») pour défendre son maigre avantage et se rua aussi à l'attaque et, en bon capitaine, Lampard (89') offre la qualification à son équipe en réalisant un doublé anecdotique par rapport au reste.
Le plus incroyable, c'est que les Reds n'ont rien abandonné après ce nouveau but (le huitième, tout de même !) et David N'Gog était tout proche de marquer, mais le guerrier Michael Essien était là pour se jeter et repousser de la tête devant le but vide le tir de l'ancien parisien.
Il n'y aura finalement pas de vainqueur sur ce match. 4-4 pour un match qui restera dans la légende, 4-4 pour tous les passionnés de football qui n'ont pas raté leur soirée, et on ne peut que remercier le diffuseur, pour une fois, d'avoir choisi cette affiche plutôt que de préférer satisfaire les « footix » en leur montrant Messi et Ribéry s'affronter pour du beurre.
L'avantage acquis par Chelsea à l'aller à Anfield (3-1) aura été décisif. Le prochain adversaire européen s'appelle maintenant Barcelone. On peut regretter de ne pas voir cette folle équipe de Liverpool affronter le Barça, mais Chelsea aura ses atouts. Il leur faudra pour cela aller de l'avant, jouer au ballon, et oublier que leur défense est friable, en se disant que, finalement, celle du Barça l'est peut-être aussi. Drogba face à Valdes, pas la peine de vous faire un dessin.
Ah oui, pour l'anecdote, Le Bayern a fait match nul 1-1 contre Barcelone à l'Allianz Arena. Défaits 4-0 à l'aller, les Munichois n'avaient ni la classe ni la qualité pour se la jouer « liverpool ». Seul enseignement de la rencontre, Franck Ribéry aurait franchement eu, et de loin, sa place dans l'équipe visiteuse plus que dans la sienne.
Pour finir, je dirais aux petits impertinents riant de moi lorsque j'annonçais que Liverpool pouvait marquer 3 buts à Stamford Bridge ; résultat, ils en ont mis quatre. Oui, messieurs, ils ont perdu, mais ils ont avant tout donné une grande leçon, et du bonheur à l'Europe entière pendant 90 minutes. On pourra toujours croire en Liverpool.
A très vite
T.G.
QUEL MATCH !
Quel match !
« ça c'est du foot ! », titre L'Equipe aujourd'hui. Et pour cause ! C'est même une leçon de football qui a été donnée par Londoniens et Liverpudliens hier soir sur la pelouse de Stamford Bridge. Qui aurait pu imaginer un tel scénario ?
"Liverpool peut-il le faire ? Combien sont-ils à y croire, pas beaucoup certainement, sauf peut-être ceux qui étaient à Istanbul un certain soir de l'année 2005. Mais pourquoi pas, même si les Reds ont cette saison tournés leurs priorités vers le titre de Champion d'Angleterre, qui les fuit depuis 1990. Mettre 3 buts à Stamford Bridge nous semble à tous surréaliste, mais Chelsea l'a bien fait à l'aller à Anfield..."(cf 13/04)
Ils n'en ont pas mis trois, mais quatre. Oui, Liverpool est bien capable de tout. On le définit souvent comme un club à part, dans l'Histoire, il faut croire que c'est vrai. Quatre ans après avoir renversé le cours d'une finale en leur faveur en quelques minutes, alors qu'ils étaient menés 3-0 à la mi-temps par le grand Milan, le Liverpool de Rafa Benitez a bien failli refaire le coup, et même si au bout l'exploit n'y est pas, ce match restera dans les mémoires et remplira une des plus belles pages dans les livres d'Histoire.
Fabio Aurelio (19'), d'un coup de patte magique, semblable aux gestes des plus grands tennismen, et Xabi Alonso (28'), sur pénalty, donnent le ton au match et font passer le message. Liverpool is still alive. Liverpool veut gagner, même sans Steven Gerrard, blessé, même si la priorité est pour le titre en Premier League.
« Sous haute tension » disais-je. Et c'est même avec des frissons que nous regardons ce match, et que nous soufflons à la mi-temps en se demandant bien ce qui va arriver...
Anelka, Drogba, Lampard, des joueurs de classe. Débordement sur le côté droit du premier cité qui transmet à l'ancien Marseillais, qui s'arrache comme jamais pour dévier cette balle qui trompera le malheureux Pepe Reina, qui se voit détourner le ballon dans le but. 1-2 (51').
Il avait été le bourreau de Lyon avec le PSV Eindhoven ; le voilà désormais bourreau de Liverpool en expédiant une frappe extraordinaire de puissance et de précision, du coup de pied, dans le but de Reina. Rien à faire, et Chelsea est revenu au score (57'). Liverpool doit marquer deux fois. Deux fois ? Non, c'était sans compter sans le chouchou du public londonien Franck Lampard qui donne un but d'avance sur ce match à son équipe. 3-2 (76')
La messe semble dite, et une nouvelle fois, ils ne devaient pas être nombreux, ceux qui croyaient encore en l'exploit. Jean-Michel Larqué lui-même dira à son micro qu'il « reste à savoir le vainqueur de ce match, car le qualifié, on le connaît déjà »
Et comme à chaque fois que l'on croit que c'est fini avec Liv'pool, les Reds repartent à l'assaut et vont surprendre leur monde. Survoltés, Kuyt (81') et Lucas (83' !) prennent l'avantage 4-3 et n'ont plus qu'un but à marquer pour obtenir la qualification. Incredible. Mais pour faire un grand match de football il faut deux équipes. Chelsea n'abdiqua dont pas, et ne se recroquevilla pas en défense (« ça, c'est du foot ») pour défendre son maigre avantage et se rua aussi à l'attaque et, en bon capitaine, Lampard (89') offre la qualification à son équipe en réalisant un doublé anecdotique par rapport au reste.
Le plus incroyable, c'est que les Reds n'ont rien abandonné après ce nouveau but (le huitième, tout de même !) et David N'Gog était tout proche de marquer, mais le guerrier Michael Essien était là pour se jeter et repousser de la tête devant le but vide le tir de l'ancien parisien.
Il n'y aura finalement pas de vainqueur sur ce match. 4-4 pour un match qui restera dans la légende, 4-4 pour tous les passionnés de football qui n'ont pas raté leur soirée, et on ne peut que remercier le diffuseur, pour une fois, d'avoir choisi cette affiche plutôt que de préférer satisfaire les « footix » en leur montrant Messi et Ribéry s'affronter pour du beurre.
L'avantage acquis par Chelsea à l'aller à Anfield (3-1) aura été décisif. Le prochain adversaire européen s'appelle maintenant Barcelone. On peut regretter de ne pas voir cette folle équipe de Liverpool affronter le Barça, mais Chelsea aura ses atouts. Il leur faudra pour cela aller de l'avant, jouer au ballon, et oublier que leur défense est friable, en se disant que, finalement, celle du Barça l'est peut-être aussi. Drogba face à Valdes, pas la peine de vous faire un dessin.
Ah oui, pour l'anecdote, Le Bayern a fait match nul 1-1 contre Barcelone à l'Allianz Arena. Défaits 4-0 à l'aller, les Munichois n'avaient ni la classe ni la qualité pour se la jouer « liverpool ». Seul enseignement de la rencontre, Franck Ribéry aurait franchement eu, et de loin, sa place dans l'équipe visiteuse plus que dans la sienne.
Pour finir, je dirais aux petits impertinents riant de moi lorsque j'annonçais que Liverpool pouvait marquer 3 buts à Stamford Bridge ; résultat, ils en ont mis quatre. Oui, messieurs, ils ont perdu, mais ils ont avant tout donné une grande leçon, et du bonheur à l'Europe entière pendant 90 minutes. On pourra toujours croire en Liverpool.
A très vite
T.G.