« Retour au blog de lamagnific

Twenty years

Twenty years...

Liverpool pleure peut-être son élimination en quarts contre Chelsea. Encore que, ils sortent la tête haute, on l'a vu.
Mais aujourd'hui, Liverpool pleure ses victimes. Hillsborough, 15 Avril 1989. C'était il y a vingt ans.
Pour les plus jeunes et les moins pointus en Histoire du Football, retour sur les faits, indispensable pour comprendre l'impact de cette tragédie.

Samedi 15 Avril 1989. Sheffield, Hillsborough Stadium. Une demi-finale de Cup oppose en plein après-midi Liverpool à Nottingham Forest. Les supporters de Liverpool sont retardés par des embouteillages, ils n'arriveront qu'à 14h45 devant Hillsborough, soit un quart d'heure avant le coup d'envoi. Ils sont 5000. Il n'est étranger à personne qu'à l'époque, les défauts d'organisation des stades anglais sont énormes. Les stadiers paniquent et ouvrent tous les accès menant à Leppings Lane, tribune qui leur est réservée. Sauf qu'une grande partie de leur emplacement est déjà plein. Dans l'incompréhension la plus totale, les bousculades s'enchaînent, tout le monde voulant à tout prix rentrer dans l'enceinte. Il n'y a évidemment pas de places assises à cette époque là. Et des grilles métalliques séparent la tribune de la pelouse. C'est là que les supporters des Reds seront écrasés et mourront étouffés, pour 96 d'entre eux.
96 personnes, venus pour voir un match de football, qui périrent par la faute de cruels défauts d'organisation (ni infirmiers, ni bouteilles d'oxygène, ni brancards, pas même des outils pour libérer les gens désespérés, écrasés en bas de la tribune, et pas même des ambulances, que l'on n'a pas laissée pénétrer dans l'enceinte). Le coup d'envoi fut bel et bien donné, mais le match arrêté après 6 minutes. Retransmises en direct à la télévision, ces images choqueront à vie des milliers de personnes.

Faut-il préciser que cette tragédie a (enfin) permis une prise de conscience totale des instances britanniques, et c'est dur à dire, mais Hillsborough était « nécessaire » pour que ce football anglais sorte de sa misère, de son côté tragique, dangereux, morbide, et tristement mauvais. Il a souvent été dit, écrit ici ou là, qu'à l'époque le foot était populaire en Grande-Bretagne, parce que le prix des places était très bas, alors que les places sont aujourd'hui à un prix exorbitant. Certes, mais combien de femmes et enfants allaient au stade en 1985 ? Très peu, en raison de l'insécurité qui y régnait, hooliganisme oblige. Aujourd'hui, comme en Espagne par exemple, le match de football du samedi ou du dimanche après-midi est un rendez-vous familial. Le nouveau symbole en est ce bébé qui a « assisté » au match Blackburn Rovers-Tottenham il y a quelques jours, dans les bras de son père.

Déjà, en 1985, après le drame du Heysel, tous les clubs anglais avaient été exclus de toute compétition européenne. La Tragédie de Hillsborough n'arrangea en rien l'affaire, ni les problèmes qu'avaient causé les supporters anglais un an auparavant, durant l'Euro 88.

Des mesures très lourdes ont du être prises pour « rénover » ce football (cf rapports Taylor de 1989 et 1990) et lui permettre d'être ce qu'il est aujourd'hui, à savoir un pays qui envoie quatre représentants en quart de finale de Ligue des Champions. Le travail réalisé a été énorme. Désormais chaque stade doit obligatoirement avoir l'intégralité de ses places « assises » (la France y viendra d'ailleurs en 1992, après le drame de Furiani lors de Bastia-OM...) ; le prix des places, exorbitant aujourd'hui, sert à payer le prix des rénovations des stades, pour lesquelles le gouvernement anglais n'a pas donné un sou.
Le prix des billets a été multiplié par huit (ou presque), mais si c'était le prix à payer pour un football propre, accueillant, et simplement beau à voir jouer, qu'importe s'il fallait en passer par là.

Chelsea-Liverpool, un match extraordinaire, tout un symbole à la veille de la commémoration de cette tragédie. Le football anglais a gagné son combat ; la récompense, les anglais, qui ont assez soufferts, l'avaient sur le terrain hier soir, à Stamford Bridge, ainsi que sur leurs écrans de télévision, car tous les diffuseurs, of course, se sont de nouveau intéressés au football british lorsque celui-ci a retrouvé son âme. L'âme qui en a fait l'inventeur du football.

Nul doute que ce soir, Arsenal et Manchester United feront honneur aux victimes d'Hillsborough en réalisant un grand match de foot, en étant à la hauteur de ce qu'est devenu le football, anglais, en quelque sorte, grâce à eux.

Aujourd'hui, Liverpool pleure ses victimes. Et Steven Gerrard, l'emblème des Reds, a forcément une pensée émue pour Jon Paul Gilhooley, la plus jeune des victimes qui avait dix ans, et qui était son cousin.

T.G.

Merci à France Football et Philippe Auclair pour les informations.

[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 15 avril 2009 11:28

« Article précédent : Quel match !

Article suivant : Quelle tristesse... »